Au cours de mon exploration de la blogosphère politique et économique (plus quelques lectures de papiers d'économiste), ma confiance en la valeur de la mesure du chomage - telle qu'elle est pratiquée actuellement - comme indicateur utile est tombée à zéro. Voici pourquoi :

Pour commencer, sur le blog themix sur Alternet la mise en évidence d'un rapport intéressant (PDF) des économistes du CEPR :

The study assessed employment rates among non-responders by comparing employment rates in the CPS with employment rates in the 2000 Census. In 2000, 8 percent of the population did not respond to the CPS. In contrast, only 2 percent did not respond to the 2000 Census. After adjusting for the errors in reported employment in the Census data (and excluding the prison population), the study found that employment rates were 1.4 percent lower overall in the Census than in the CPS.

The study also found that the CPS overstates employment rates for blacks by about 2 percentage points, with the gap for younger black men as high as 8 percentage points. The CPS also appears to be overstating employment rates of younger Hispanic women by about the same margin, and younger Hispanic men by 3 to 6 percentage points.

A new report PDF by economists John Schmitt and Dean Baker at the Center for Economic Policy Research suggests that the CPS may be skewing the employment picture:

Bref, un biais statistique de débutant, à ce niveau la, les économistes qui publient toujours ces chiffres ne devraient quand même pas faire des erreurs de ce type. Quelques réactions peuvent se lire sur MaxSpeak.

Sur le blog Big Picture, croquis d'Amérique, un billet commentant un article de Paul Krugman a amené Superfrenchie à rappeller aussi l'impact de la situation carcérale sur le chomage dans certains pays :

Tom: "le chomage aux US avoisine 3%"

BS. D'abord il est a 5.5% officiellement, pas 3%. Ensuite, il faut savoir qu'il y a 2.1 millions d'americains en prison, soit 1 americain sur 138 ou 726 sur 100,000. En France, le taux est 8 fois moins (91 sur 100,000). D'apres certaines etudes, si l'on ajoute tous les emplois autour de ces prisonniers (gardiens, nourriture, etc...), le taux de chomage monterait de presque 2% si le systeme carceral etait au meme taux que la France.

Maintenant si on rajoute le fait que le "long term unemployment" n'est pas compte aux US alors qu'il est compte en France, on arrive a des taux qui sont en fait tres proches. Cette soi-disant difference et un mythe.

De plus, le systeme carceral coute $22,000 par an par prisonnier aux contribuables americains (soit 57 milliards de dollars). Ca aussi ca fait partie du cout de la vie!

Je rajouterai que ces $22,000 créent aussi des emplois de gardiens, de policiers, de juges, d'avocats qui eux même font diminuer le chomage ! Alors que tout ça ce n'est que de la fenêtre cassée chère à Frédéric Bastiat ...

Au passage l'exclusion abusive du droit au vote des condamnés est aussi inquiétante d'un point de vue démocratique.

Vonric a abordé en aout dernier la comparaison des chiffres entre le Royaume-Uni et la France et lui aussi mets en évidence le jeu des statistiques et cite un article du Monde Diplomatique sur le sujet.

La même comparaison a aussi été abordée plus récemment par Verel.

Enfin Ceteris Paribus exprime encore une fois ses doutes sur l'évolution du chomage en France. Il utilise pour cela des données plus fiables sur la population employée (il faudrait pour vraiment bien faire le tour du sujet classer par age, par durée de travail et mettre la pyramide des ages).

Les ordres de grandeurs de tous ces effets ne sont clairement plus de l'ordre du secondaire sur la mesure en comparaison entre les pays ou même en temporel dans un même pays.

Je ne vois vraiment plus dans quel contexte on peut citer utilement les chiffres du chomage à part pour mesurer l'efficacité du gouvernement ou de l'organisme qui produit la mesure à la vider de son sens "entendu" par des pratiques à la limite de l'honnêteté (ou au dela...) et qui biaisent la mesure même pour une simple analyse temporelle (en effet il est probable que ces méthodes de "triche" évoluent dans le temps).

Il faut revenir a des définitions moins subjectives en partant des chiffres de la population par age et bien montrer pour toute étude la répartition complète par catégorie : handicapé, indemnisé, pas indemnisé, RMI, préretraite, en prison, fonctionnaire, emploi aidé, pas compté pour raison quelconque, et enfin le subjectif parmis les inactifs déclare chercher depuis X temps, a abandonné les recherches à telle date.

Qu'en pensez-vous ?