Le blog de Laurent GUERBY

dimanche 30 avril 2006

Les brevets suite

Bernard Salanié refait une troisième passe sur le système des brevets dans son billet "Les brevets sur les gènes", malgré le titre le billet parle aussi des logiciels (et des télécoms). Pour mémoire, les deux autres billets :

Mes commentaires sont sur les billets en question.

Ajout 20060430 2247 : une petite série de liens IP anglophone déclenché par la conférence du Cato Institute sur l'IP déja mentionnée sur ce blog et qui a commencée il y a quelques jours visiblement :

Ajout 20060501 2309 : Le DMCA n'ayant pas reussi aux fabriquants d'imprimantes pour éliminer la concurrence dans le marché des cartouches d'encres, maintenant c'est les brevets avec un premier succès en Allemagne...

Ajout 20060502 2148 : Mike Masnic a écrit un intéressant compte rendu sur techdirt de la conférence du Cato Institute. Voir aussi les documents officiels.

La lutte finaaale

Après un passage des trackbacks en modération décrit sur "on vous spamme on vous spolie" le nombre de trackback SPAM est passé à 80-100 par jour, bref plutot pénible à modérer.

J'ai donc rajouté un "NOSPAM/" dans l'URL des trackbacks (enlever à la main donc, modification dans "dcPostTrackbackURI" de "layout/functions.php") et j'ai changé dans la configuration de dotclear pour utiliser "tb2.php" à la place de "tb.php" (en renommant aussi le fichier) puisque les spammeurs gardent visiblement une base de donnée des URLs de trackback.

Pour le moment pas de spam qui passe, les bases des spammeurs pointent toujours vers "tb.php".

Ajout 20060430 1038 : En conséquence pour le moment les trackbacks ne sont plus modérées du tout.

Ajout 20060501 1340 : Il faut aussi rajouter "NOSPAM/" dans dcPostTrackbackAutoDiscovery de "layout/functions.php" sinon l'URL apparait en RDF dans la page... Par sécurité j'ai renommé "tb2.php" en "tb3.php".

vendredi 28 avril 2006

Pollkatz Hypothesis ?

Encore mieux que notre versac national sur les sondages politiques chez Pollkatz on trouve un graphe amusant :

Du CCC : Correlation, Causation, ou Coincidence ?

Via The Big Picture.

dimanche 23 avril 2006

Les manifestants français sont des dieux en économie

Contrairement aux idées reçues, un billet chez MaxSpeak mentionne un papier intitulé Employment Regulation anf French Unemployment : Were the French Students Right After All? écrit par deux économistes américains tends à prouver le niveau élevé de compréhension des mécanismes économiques par les manifestants français :).

Il y a eu toute une série de billet sur le sujet dans la blogosphère anglophone, par exemple chez Daniel Davies (qui poste aussi sur Crooked Timber), ou par Alex Harrowell qui poste sur A Fistful of Euros, ou encore chez Jerome.

Un rapport de l'OECD donne plein de statistiques intéressantes, en particulier on peut y trouver le taux d'emploi par rapporté à la population des hommes de 25 a 54 ans pages 244 à 246, un petit extrait :

               1990 2001 2002 2003 2004
Canada         86.4 85.3 85.2 85.6 86.0
Denmark        87.4 88.8 88.7 88.0 87.3
France         90.1 88.3 87.6 87.0 86.7
Ireland        80.9 88.7 87.3 87.0 87.6
Netherlands    88.8 92.7 92.0 90.7 90.2
New Zealand    87.4 87.6 88.0 88.1 89.4
United Kingdom 89.5 87.6 87.2 87.6 87.5
United States  89.1 87.9 86.6 85.9 86.3

Cette mesure à l'avantage d'exclure les parties qui dépendent beaucoups de la structure différente des sociétés, par exemples les étudiants (longtemps ou pas), les retraités (système de retraite et pré-retraite), les femmes (dont l'entrée dans le marché du travail progresse et s'interprète différemment suivant les sociétés), et bien sur il est ramené à la population donc personne n'est oublié, comme les gens en prisons. Il manque par contre le temps partiel, les impacts démographiques (entrées a 25 et sorties à 55 ans - mais ça doit se trouver ailleurs), et les personnels qui mettent les gens en prison et les surveillent ce qui est de la vitre brisée chère à Frédéric Bastiat, mais curieusement les indicateurs économiques utilisés habituellement comptent les systèmes répressifs plutôt en positif (chomage, PIB, etc...) et cela n'interesse pas grand monde de corriger.

Au final, ce qui frappe c'est que c'est un indicateur qui donne une vision comparative bien différente de l'état de santé du marché du travail de celle donnée par le taux de chomage tel qu'employé à outrance par la presse et les économistes. Par exemple dans cette tranche de la population les taux de chomage en 2004 sont de 4.6% aux USA et de 7.4% en France, alors que le taux d'emploi est plus élevé en France.

Jerome à Paris cite The Economist:

"The real problem, not just for Italy and France but also for Germany, is that, so far, life has continued to be too good for too many people: there is not yet a general consensus that their economies are in serious trouble. All three have also lacked brave political leaders ready to leap in and explain the case for reform. There is one depressingly certain way to remedy the failings in the core European countries: to bring on a more serious economic crisis. This week will surely have brought that a lot closer."

Et commente :

Yep, the real problem for people like the Economist editorialists is that life is too good in Europe.

Idéologie en action...

Ajout 20060428 2150 : un billet avec un joli graphique chez General Glut qui aussi regarde autre chose que le chomage pour évaluer le marché de l'emploi.

Ajout 20060430 2147 : un article de l'IHT intitulé Why Europe should reject U.S. market capitalism prends une position similaire à celle du papier cité.

Salades et tomates

Alice et Bob sont voisins et ont chacun leur jardin, ils savent chacun cultiver des tomates et des salades.

En une saison Alice sait produire dans son jardin 16 tomates ou 12 salades dans son jardin en allouant à chacune des cultures toute la surface du jardin, sinon elle produit à proportion, tandis que Bob sait produire 10 tomates ou 10 salades car il n'est pas très doué, il a une terre peu cultivable ou moins de terre, au choix du lecteur :).

Première saison, le chacun pour soit : Alice divise son jardin en deux parties égale pour cultiver salades et tomates, à la fin de la saison Alice aura 16*50%=8 tomates et 12*50%=6 salades. De son coté Bob mets 70% de sa surface en tomates, il aura 10*70%=7 tomates et 10*30%=3 salades. Soit une production totale combinée Alice+Bob de 8+7=15 tomates et 6+3=9 salades.

Deuxième saison : Alice décide de faire uniquement de la tomate, et Bob uniquement de la salade, cela va donc faire 16 tomates chez Alice et 10 salades chez Bob, soit un production totale combinée supérieure au cas précédant à la fois d'une tomate (16=15+1) et d'une salade (10=9+1). Alice et Bobs décident alors de s'échanger une partie de leur productions respectives au taux de 7 tomates pour 6 salades, Alice a donc 16-7=9 tomates et 0+6=6 salades, tandis que Bob a 0+7=7 tomates 10-6=4 salades.

Au final grace à la spécialisation et l'échange raisonné, Alice a gagné une tomate et Bob a gagné une salade. Cette réorganisation de la production est donc du gagnant-gagnant au total et pour chacun des participants. Pourtant au départ Bob fait moins bien qu'Alice à la fois en salade et en tomate.

Intéressant non ?

En fait ce petit exemple est une illustration de ce que les économistes appellent l'avantage comparatif, formulé en particulier par David Ricardo.

Pourquoi comparatif ? Parce qu'on peut montrer que ce jeu potentiellement gagnant-gagnant fonctionne quand il y a une différence du ratio de productivité, et c'était le cas ici car Alice sait produire 4 tomates pour trois salades, alors que Bob sait produire une tomate pour une salade.

Paul Krugman parle dans un article intitulé Ricardo's Difficult Idea du fait que ce petit raisonnement (qui date de 1817) est rarement connu ou apprécié à sa juste valeur, en particulier lors des discussions sur les bénéfices potentiels du commerce international ou nos deux voisins Alice et Bob deviennent des pays différents.

Bien sur il y a des complications, mentionnées par Krugman, et des limites mentionnées par l'article de wikipédia. Un des aspects non abordés sur wikipédia ou dans l'article Krugman est qu'un système totalement spécialisé est nécessairement moins tolérant aux risques, et les risques pris ont bien sur un prix, ce qui est une autre limite à prendre en compte.

Mais il faut bien garder en tête que l'échange n'est pas nécessairement un jeu à somme nulle économiquement parlant (ni culturellement d'ailleurs).

The Pleasure of Finding

Une interview de 50 minutes sur le physicien Richard Feynman intitulée "The Pleasure of Finding" est disponible sur google video. Quelques moments forts, notamment vis à vis des relations avec son père et sur Hiroshima. À noter aussi ses petites piques sur l'utilisation de "science" dans "sciences sociales" (voir ce billet chez Notes d'un économiste).

Ajout 20070501 1818 : une transcription partielle

mercredi 19 avril 2006

Dean Baker Beat The Press

L'économiste Dean Baker que j'ai déjà cité plusieur fois sur ce blog vient d'ouvrir un blog dédié à la présentation par la presse des chiffres ou faux, prétant à confusion ou hors contexte : Beat The Press. Un de ces billets Fire the French rappelle quelques évidences :

[...] In fact, one result that most economists familiar with the literature would be quick to acknowledge is that there is no clear link between the strength of employment protections and unemployment. Some of the countries with the strongest protections (e.g. Ireland and Austria) enjoy very low unemployment rates. Most of the literature simply finds no relationship between the strength of employment protections and the unemployment rate.

In fairness to the reporters who cover this issue, I put the blame here primarily on the economists. They are very quick to present their views, without pointing out that they are not supported by the evidence. [...]

Lire les commentaires, Dean Baker reconnait aussi quand il se trompe, plutot rare dans le milieu.

Il y a toute une série sur l'immigration, et le dernier billet s'interroge sur comment une erreur grossière de chiffre a pu arriver en première page du Washington Post.

mardi 18 avril 2006

Where's my billion?

L'Oncle Sam cherche ses sous, et il les trouve dans notre cher paradis fiscal : l'Irlande, je cite :

The U.S. Internal Revenue Service has hit Symantec Corp. with a $1 billion tax bill for allegedly under-reporting the value of intellectual property that the software vendor transferred to two Irish subsidiaries. [...]

C'est bien sur la fléxibilité du marché du travail en Irlande qui est la seule et unique cause de performances économiques bien meilleures que celles des pauvres gaulois attardés. Mais passons. Notons aussi qu'aucun pays de notre chère Europe n'oserait s'attaquer à de la fraude fiscale de cette ampleur, avec propriété intellectuelle et tout.

Jerome a Paris titre We win, we win! sur le sujet, et un commentateur donne le nom d'un professeur de comptabilité spécialiste du sujet : Prem Sikka. Cet universitaure publie régulièrement des articles qui n'ont visiblement pas l'écho qu'ils méritent :

Des articles qui citent Prem Sikka :

Et bien sur ce cher monsieur a été très directement menacé, cf Prem Sikka blows whistle on accountancy.

Voir aussi le site du Tax Justice Network qui a plein de documents intéressants. Et lire les écrits des juges français qui ont une vision bien pessimiste de l'avenir :

[...] Cela dit, ce n'est pas cela qui va permettre de régler les problèmes créés par la libéralisation financière. N'importe quelle fiduciaire à Genève peut vous créer dans la journée dix sociétés panaméennes clefs en main. Puis, avec ces dix sociétés offshore, vous allez faire tourner votre argent autour de la planète en l'espace de vingt-quatre heures. La justice est complètement désarmée face à ce genre de pratique. Pour chaque compte, il faudra une commission rogatoire internationale, une demande officielle.

[...] Il n'y a pas de volonté politique de contrôler réellement ce qui se passe et d'assurer la transparence judiciaire sur cette planète. L'opacité et la tricherie l'emportent sur la régularité. On envahit l'Afghanistan mais on est incapable de retrouver l'argent d'Al Qaida. Les intérêts économiques l'ont emporté sur l'air de "surtout ne tuez pas la poule aux oeufs d'or".

Mais il est bien sur urgent de fléxibiliser le marché des SMICards et de pleurer sur les déficits publics des états plutot que de chercher leur véritable et indéniable cause : le laxisme coupable envers l'évasion fiscale des grandes entreprises et des criminels.

Ajout 20060419 2155 Brad Setser mentionne aussi l'Irlande dans son billet du jour

lundi 17 avril 2006

Les marchandises mais pas les hommes

Goods over people? par Josh Bivens pose des questions intéressantes sur la limite implicite du discours de certains partisans des marchés internationaux "libres" pour les marchandises :

Unlike trade, I'm personally not willing to call for immigration restrictions, even in the absence of the optimal response. Why not, if I'm willing to risk professional approbation in the trade debate? First, it's just a fact that embargoing people at national borders is an inherently uglier business than embargoing goods. Second, immigration offers truly enormous economic benefits to the immigrants themselves. Some argue that tariff-free access to the US market offers huge benefits to workers in developing nations. They're wrong: the gains (to developing country workers) from immigration dwarf the gains from market access.

Pourquoi laisser circuler les marchandises et pas les hommes ?

Si on ouvrait les frontières plus largement, il y aurait certes sans doute quelques problèmes d'organisation et des déséquilibres temporaires à régler dans les pays "riches", mais cela créerait une forte incitation chez nos politiques à ne plus installer et soutenir des régimes oppressifs dans les pays "pauvres" et à rendre l'aide internationale véritablement efficace pour améliorer la situation dans ces pays de manière concrète.

Eolas nous rappelle dans son billet Un juste quelle est la situation des migrants dans notre pays.

À méditer ...

dimanche 16 avril 2006

Justice, diffamation et internet

L'écrivain Jean-Michel Maulpoix est condamné en appel pour diffamation. Des précisions et l'historique de l'affaire chez Poezibao. Via cet article d'agoravox, j'avoue n'avoir rien trouvé sur la blogosphère.

Quelqu'un a le texte du jugement ?

Ajout 20060430 1445 : Eolas cherche le texte du jugement

CPE et capitalisme cognitif

Une analyse plutot sociologique du CPE et je dirai "exaltée" de Yann Moulier Boutang intitulée Résistible New Deal en Europe. Sur la crise du CPE en France est disponible sur Multitudes. Quelques extraits (c'est long mais passionnant) :

[...] Le troisième prix payé par la victoire du capitalisme cognitif sur le plan de la précarisation de l’emploi est une socialisation sans précédent de l’activité et de l’emploi du même coup. En effet, cette activité pollinisatrice incessante n’est possible, là où elle fonctionne le mieux, qu’avec une prise en charge croissante par la société en général. Ces formes sont multiples. Citons en deux : Un enseignant est payé non sur la base de sa prestation horaire (ses heures de cours) car son salaire comprend la rémunération d’une partie de son activité de préparation de ses cours, de mise à niveau permanent. C’est le rôle de la fonction publique. Un intermittent qui va toucher en moyenne un revenu équivalent au professeur de lycée est payé moitié moins, mais son système d’indemnisation du chômage (à condition qu’il y ait droit) représente à peu près la moitié de son revenu, autant que son salaire. Il s’agit là de professions particulières dira-t-on . Mais que dire alors de cet autre chiffre : les emplois mis en place pour les jeunes (dispositifs particuliers et emplois sauvés) représentent la bagatelle de 50 milliards d’euros transférés aux entreprises et la moyenne de 19 500 euros par emploi . Le problème n’est pas de contester le principe de ce transfert, c’est-à-dire la socialisation croissante qui correspond en fait à la rémunération indirecte de la productivité globale que l’on peut de moins en moins bien imputer aux facteurs de production mise en œuvre de façon marchande, mais les modalités de ce transfert.

Actuellement cet argent va aux entreprises avec l’espoir des pouvoirs publics que ces dernières créeront des emplois stables. Mais le contexte de concurrence acharnée sur le plan international et national ou européen les pousse à traduire immédiatement ces subventions en avantage comparatif. Elles prennent l’argent et ne recréent pas des relations de long terme avec leurs employés. Pourquoi ? Parce que leur spécialisation au lieu de se porter sur les segments incorporant plus d’intelligence et d’innovation suit la pente de la facilité : distribuer des dividendes élevés aux actionnaires, ne pas construire des contraintes en revenant à un marché du moins disant (parfois pour tirer de ces opportunités de faire de l’argent rapidement des moyens de réaliser des opérations de rachat d’entreprises contenant de la matière grise ou de Start up contenant des réseaux nouveaux).

[...] Pour ceux qui ne croiraient pas au retour des working poors citons ce seul chiffre : à Paris 25 % des sans domicile fixe ont un travail régulier !!!

Si vous avez une occasion de voir une conférence avec Yann Moulier Boutang ne la ratez pas : c'est un conférencier très intéressant.

Pour l'anecdote de la dernière phrase, je me suis souvent posé des questions en voyant certaines voitures dont l'intérieur a l'air aménagé pour vivre dedans, cela me laisse à penser qu'il y a pas mal de travailleurs parisiens qui dorment dans leur voiture mais je n'ai jamais vu passer d'articles sur le sujet. Comme je l'ai noté, le manque de logements abordables n'est sans doute pas sans effet conséquents sur le marché du travail.

samedi 15 avril 2006

Il n'y a pas de sot métier

Krystoff fait une analyse intéressente des récentes statistiques publiées sur les offres d'emplois par secteur dans un billet intitulé Tu seras... agent d'entretien mon fils, en particulier :

Car que montrent, sinon démontrent, les résultats de cette enquête: que sur les 15 métiers les plus recherchés par les entreprises aujourd'hui, 13 sont des métiers peu ou parfois pas qualifiés. Soit, en nombre, sur un total de plus de 600 000 personnes à recruter en 2006, près de 550 000 personnes. [...]

le discours sur "l'économie de la connaissance" a contribué à dévaloriser profondément les métiers "manuels", et en particulier les métiers artisanaux. Ce dogme des "études longues" associé à la pression des parents et à la dévalorisation des filières techniques courtes a conduit à considérer ces métiers comme déshonorants et à faire de ces filières des voie de garage pour les exclus de la "voie royale" du système éducatif. Et pourtant, qui n'a pas pesté devant la difficulté à trouver un artisan, sans même parler d'un bon artisan?

C'est quelque chose qui m'a toujours frappé lors de discussions avec des personnes qui exercent des métiers "manuels" ou d'ouvrier c'est leur auto-dévalorisation, j'ai souvent perçu presque de la honte pour eux à dire ce qu'ils faisaient dans leur vie professionnelle. Pourtant le role de ses métiers est fondamental dans nos sociétés au delà de la sur-médiatisation de métiers au final bien moins importants.

Après tout, peut-être une campagne de revalorisation de l'image de ces métiers aurait bien plus d'effet que des réformes du tant décrié code du travail.

Qu'en pensez-vous ?

Tout est relatif

Contrairement a Olivier Meunier je ne suis pas un grand fan des réglages de taille de document HTML en nombre de pixel, en effet je trouve ridicule d'avoir le blog sur une colonne qui fait seulement 10% de l'écran en largeur avec un grand vide intersidéral autour dès que la résolution de l'écran dépasse 800x600.

Bref, j'ai donc démocratiquement envoyé au goulag toutes les images du style, passé en relatif toutes les tailles et positionnements, enlevé les spécifications de fonte : à vous de choisir dans les préférences de votre navigateur.

J'ai regardé sur Opera (sur mon Nokia 770), Konqueror, Mozilla, Firefox (diverses versions), Galeon, Epiphany et en changeant la taille de la fenêtre et ça à l'air de bien se passer (c'est encore lisible à 400 pixels de largeur). Par contre je n'ai pas accès à Internet Explorer à la maison, donc s'il y a un problème signalez le moi, je trouvererai un expert en entomologie Redmond-esque pour m'aider à corriger ce qui peut l'être.

jeudi 13 avril 2006

Economistes et licence globale

François Moreau (Conservatoire National des Arts et Métiers), Marc Bourreau et Michel Gensollen (Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications) nous proposent leurs reflexions sur la licence globale d'un point de vue social et économique :

Un petit tableau amusant :

Comme le disait Roberto Di Cosmo :

pour le prix d'un cafe par mois on peut, si on veut, faire vivre TOUTE la filiere de la musique, toute en donnant A TOUT LE MONDE l'acces a tout le repertoire musical mondial

Un bon rappel de la taille de l'industrie musicale, est-ce pour cela qu'on sacrifie la concurrence, l'interopérabilité, la vie privée et le droit de developper des logiciels réseaux ?

Ajout 20060415 0940 : Voila les liens chez Roberto Di Cosmo : Monsieur Mitchell soyons amis et Post Scriptum a monsieur Eddy Mitchell PS: je mets un lien dès que le site de Jussieu est de nouveau accessible.

mercredi 12 avril 2006

Les jeunes français en rêvent, les anglais le font !

Les 25% des jeunes français au chomage a fait le tour de la blogosphère. Tous les jeunes français sont prêts à refuser des boulots dans le privé pour devenir fonctionnaire fait aussi un joli score.

Après la production d'handicapés, les anglais nous surprennent encore :

Plus de détails chez Jerome.

Note : pour la production d'handicapé j'attends la confirmation d'Olivier Bouba-Olga.

Ajout 20060412 0917: chomage, comparaisons internationales et un regard lucide chez Olivier Bouba-Olga

Encore une election a pile ou face ?

Après avoir lu une analyse du scrutin italien sur publius, je me demande quel enseignement tirer de ces elections récentes qui mettent en jeu des dizaines de millions d'electeurs et qui se gagnent à rien du tout, aux USAs, en Allemagne, et maintenant en Italie et l'an prochain la France ? Est-ce une tendance des démocraties ?

Mathématiquement, ça ressemble beaucoup au résultat que pourrait donner un tirage à pile ou face avec une pièce parfaite pour chacun des électeurs, mais il ne faudrait pas tirer de conclusions hatives :).

Qu'en pensez-vous ?

Note : j'ai lu sur le site des notaires de Paris que les italiens représentaient 19% des acheteurs étrangers d'immobilier sur Paris (voir page trois de ce PDF) contre 10% pour les américains et 10% pour les anglais. Est-ce que quelqu'un connait des blogueurs de l'actualité italienne sur Paris ? Au vu du décalage entre la présentation des médias français et la réalité italienne exprimée dans les urnes, il est temps que les blogs prennent le relai.

dimanche 9 avril 2006

Les class actions gauloises

À noter deux billets récents sur un sujet en hibernation profonde dans notre cher pays :

Tous deux commentent un rapport du Sénat sur le sujet. Pour être complet, un site polémique : classaction.fr.

Il est intéressant de noter que la position des grandes entreprises (les seules concernées) est très négative, mais elle dépends bien sur du faible usage des tribunaux en France : si des milliers de plaintes étaient déposées dans des milliers de tribunaux (d'instance et de proximité) sur un problème particulier, je pensent que ces mêmes entreprises se rallieraient très vite à une forme de "class action".

Destruction et création d'emplois

En réponse à ma remarque sur les créations destructions d'emploi Alexandre Delaigue écrit :

La proportion de créations/destructions d'emploi par rapport à l'emploi total est la même partout, soit à peu près 15% par an. Faut pas surinterpréter des posts de blog déjà eux-mêmes très surinterprétés...

Pourtant un papier de 1994 (tableau page 22) et un plus récent de 2004 (graphique page 57, pour entreprises de plus de 20 employés sur les "années 1990"), qui cite les données détaillées de ce papier de l'ECB (voir en particulier les commentaires pages 18-19) montrent des valeurs qui s'éloignent beaucoups des 15% "uniformes", les chiffres se promènent plutot entre 5 et 20%.

Les auteurs se plaignent de données difficiles à uniformiser (surtout la couverture), mais à priori la mesure "brute" devrait être moins sujette à manipulation que celle du chomage. Je n'ai pas vu mentionné non plus les réallocations internes dans les grands groupes (qui ont plusieurs activités ou spécialisations) qui sont une réalité, et sans doute difficile à mesurer et réduisant la pertinence des chiffres sur les changements d'employeur.

Ceci étant dit, est-ce qu'un taux plus elevé est une bonne chose ?

Au passage, mon impression tirées des lectures de ces papiers (et de bien d'autres), est qu'on est très loin de pouvoir estimer ou prévoir les impacts des différents facteurs sur le marché du travail.

J'ai en particulier beaucoup de mal à croire que la "fléxibilité" soit véritablement pertinente, ou du moins tant qu'elle n'est que dans le sens du licenciement facile pour l'employeur - à ce sujet je pense qu'il n'y a pas vraiment de problème en France, juste de la mauvaise volonté dans certains cas de dégradation des relations employeurs-employés - sans contrepartie aucune pour les employés.

Ces contreparties pourraient être par exemple :

  • un droit aux allocations lors d'une démission (eventuellement réduits, limités a X tous les Y ans, par secteur)
  • des facilités sur le changement de logement (les droits de mutation immobiliers sont très élevés en France)
  • une limitation plus grande des clauses de non concurrence s'imposant aux employés (par exemple il n'y a pas de clause de ce type dans les conventions collective banque)

Qu'en pensez-vous ?

samedi 8 avril 2006

Mentions légales

Sur Désir d'avenir le site de Ségolène Royal, j'ai vu pour la première fois l'application d'une idée qui me trotte dans la tête depuis un petit moment, en fait même depuis bien avant l'ouverture de ce blog :).

Après une inscription classique, lors de la validation de mon premier message j'ai eu le plaisir de voir apparaitre les conditions légales suivantes :

J'accepte de mettre ce message ou cette contribution à la disposition du public selon les termes et les conditions de la licence Creative Common Paternité

En effet, je pense que c'est une bonne solution pour les sites de débat ouverts (comme la plupart des blogs) de laisser une grande liberté de réappropriation du contenu (presque totale, en contrepartie de la citation du nom de l'auteur qui je pense en droit français fait partie des droits moraux donc incessible et appliqué automatiquement, mais je peux me tromper).

En pratique, les citations dans les listes de discussions (newsgroups, courriel ou forum web) pourraient être considérées comme des violation du droit d'auteur : quelque fois la totalité du message commenté est cité. De même, une censure d'un message d'un auteur au milieu de plusieurs autres peut dénaturer l'oeuvre du commentateur et pourrait être illicites. Ou encore un changement de présentation du site sans l'accord des commentateurs. Je ne parle même pas d'une exploitation commerciale a posteriori du contenu du site : publicité, livres, indexation à la google avec citation et liens commerciaux, etc ...

Bref insécurité juridique et pas un grand intérêt pour le responsable des forums ni pour les commentateurs à mon avis.

Voila le résumé de la licence choisie par Ségolène Royal pour les billets et les commentaires :

Vous êtes libres :

- de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public

- de modifier cette création

- d'utiliser cette création à des fins commerciales

Selon les conditions suivantes :

Vous devez citer le nom de l'auteur original.

- à chaque réutilisation ou distribution, vous devez faire apparaître clairement aux autres les conditions contractuelles de mise à disposition de cette création.

- chacune de ces conditions peut être levée si vous obtenez l'autorisation du titulaire des droits.

Je ne suis pas un grand fan de l'approche des Creative Common sur certains points et le texte complet de la licence est vraiment ardu, donc je choisirai peut-être un texte plus simple ou le domaine public. Remarque en passant : le défaut "tout interdit" introduit récemment dans le droit d'auteur a des aspect pénibles, je serai pour un retour à l'enregistrement des oeuvres que l'on souhaite protéger, autre sujet pour un billet futur :).

Qu'en pensent les commentateurs de ce blog ? Y-aurait-il opposition à une clarification rétroactive sur le statut des commentaires ? Si oui, et si je décide de passer à l'acte je sortirai ces commentaires dans une page statique séparée avec un lien en lieu et place du commentaire en indiquant clairement le statut protégé de ces messages pour les auteurs qui le souhaitent.

Au passage, un des débat sur le site a pour thème Téléchargement : comment concilier la rémunération des créateurs et la liberté des internautes ?, et le billet introductif est une longue série d'intérrogations.

Voir aussi les commentaires de Versac sur le site.

On vous spamme on vous spolie !

Suite a un billet forcément optimal, j'ai découvert Captcha (qui curieusement n'est pas listé dans le wiki des plugins dotclear, un complot ?).

Ce plugin va donc imposer un test évolué d'arithmétique aux commentateurs de ce blog (le test est toujours le même).

Et comme ça spamme dur sur les trackbacks, j'ai bricolé le code pour qu'elles ne s'affiche qu'après validation manuelle. Une solution plus avancée serait de forcer le créateur d'un trackback a rajouter la réponse à la question en paramètre du ping, ça sera pour plus tard :).

mercredi 5 avril 2006

EUCD en Espagne

Le Sénat espagnol vient de voter 120-119 la fin de la taxe sur les supports pour la "copie privée", information qui vient d'un article intitulé "EUCD : la sopa boba espagnole a-t-elle un arrière-goût français ?" sur AgoraVox.

Si quelqu'un connait le processus législatif espagnol, je suis preneur !

Les dividendes enrichissent-ils les actionnaires ?

Le journal Le Monde titre "Pour contrer l'offre hostile de Mittal Steel, Arcelor enrichit ses actionnaires" sur le dividende exceptionnel de la société luxembourgeoise Arcelor, Alternatives Économiques parle de "grosses gâterie supplémentaire" pour les actionnaires du CAC40.

Les actionnaires reçoivent de l'argent quand les entreprises distribuent des dividendes, donc ils s'enrichissent , logique non ?

Logique peut-être mais en pratique ... faux.

Comme nous allons le voir, un actionnaire ne s'enrichit pas lorsqu'une entreprise lui verse un dividende.

Pour commencer, il faut savoir que pour toucher un dividende il faut posséder au moins une action avant le début d'une journée spéciale, décidée en assemblée générale de l'entreprise et rendue publique, et qu'on appelle la date d'ex-dividende (ou "ex-date" dans le jargon), le premier jour à partir duquel recevoir le dividende est exclus. Chaque action que vous possédez avant l'ouverture du marché de ce jour la va vous donner droit au montant dividende, 10 actions, dix fois le dividende. Le dividende est payé un peu plus tard (de quelques jours à un mois), à une date aussi publiée à l'avance, la date de paiement du dividende. La valeur des dividendes rapporté au cours de l'action est en général autour de quelques pourcents (0.1% a 10%), certaines entreprises ne versent pas de dividendes, certaines versent un dividende par an (en France par exemple), d'autres tous les trimestres soit quatre par ans (aux USA).

Une première chose, si vous avez achetez votre action une seconde avant la cloture de l'ex-date ou si vous aviez l'action depuis 10 ans, vous recevrez le même dividende. De même si vous revendez votre action le lendemain matin à la première seconde d'ouverture du marché, vous recevrez quand même le montant du dividende à la date de paiement. En pratique donc, vous pouvez detenir une action pendant quelques secondes de marché, soit une nuit, et vous avez droit au même dividende que tout le monde. Fidélité des actionnaires ? Hum.

Est-ce que le capitaliste sauvage qui sommeille en vous viens de se reveiller et vous hurle : argent facile ! J'achète le soir, je revends le matin et hop j'empoche les quelques pourcents du dividende !

Un peu de pratique : Microsoft a décidé fin 2004 de verser un des plus gros dividendes de l'histoire boursière, au total plus de 30 milliards de dollar en un seul paiement d'un dividende de 3.08 USD par action (voir cet article du BEA). L'ex-date était le lundi 15 novembre 2004, l'action à la cloture du vendredi 12 novembre 2004 valait 29.97 USD.

Hop j'achéte le vendredi soir, j'ai donc échangé 29.97 en billet tout verts de l'oncle Sam pour une action Microsoft, mon portefeuille vaut 29.97 vendredi soir. Avec le dividende que je suis maintenant sur de recevoir ça fait - 29.97 + 29.97 + 3.08 = 3.08, le luxe ! Le week-end je dépense mon argent en hamburgers chez McDonald, et lundi matin je surveille l'ouverture des marchés. Argh catastrophe, Microsoft ouvre à ... 27.34, descends même jusqu'à 27.20, remonte à 27.50 et cloture à 27.39, je décide de revendre juste à la cloture. Bilan comptable : - 29.97 + 3.08 + 27.39 = +0.5, mais ou sont passé mes 2.58 pour arriver à 3.08 ? Qui m'a piqué 84% de mon gain certain ?

En fait tout est très "moral", comme je n'ai pas pris un grand risque, dans un marché ou tout le monde à le droit de jouer de manière il n'y a pas de "raison" que je gagne plus que quelqu'un qui a caché ses 29.97 USD sous son oreiller vendredi soir et qui les récupère lundi matin.

Par l'absurde, si ça marchait, tout le monde acheterai des actions le jour de l'ex-date, si tout le monde achète en général l'action monte. Et le matin, tout le monde revends donc en général ça baisse. Si la différence est en moyenne plus grande que le montant du dividende, une partie des boursicoteurs vont se décourager, dans l'autre sens plus de boursicoteurs vont jouer, au final la différence s'equilibre autour de la valeur du dividende.

Les gens qui s'en assurent sont appelés arbitragistes, et le processus de comparaison entre l'oreiller et l'achat-revente d'action mets en évidence ici s'appelle un arbitrage, gagner de l'argent sans prendre de risque, ce qui ne peut exister que quand les arbitragistes dorment trop longtemps.

Au final, les actionnaires ne s'enrichissent donc pas lors qu'une entreprise verse un dividende, contrairement à ce que raconte tous ces journalistes émérites de journaux sérieux.

Questions subsidiaires : pourquoi la perte de gain est de 16% ? Et qui s'enrichit vraiment quand l'entreprise décide de verser un dividende ? Mais alors pourquoi les entreprises versent-elles des dividendes ?

Au passage je travaille pour BNP Paribas Arbitrage SA :)

Note : cours de Microsoft aux jours considérés sur Yahoo Finance

Ajout 20060419 0819 Quelques données sur les performances des stocks avec dividendes vs ceux sans chez Big Picture.

mardi 4 avril 2006

Deux mois de blog

Ça passe vite !

D'abord un grand merci à tous les internautes qui ont pris la peine de commenter mes billets, ces commentaires dans un sens ou dans l'autre sont la raison pour laquelle un blog est un blog et non pas une série de pages HTML en lecture seule.

Au niveau statistique, d'après "urchin" le logiciel fourni par OVH, la fréquentation de guerby.org a progressé comme suit :

  • avant l'ouverture du blog : 30 visiteurs par jour / 200 par semaine
  • une semaine après 100 / 800
  • trois semaine après 200 / 1500
  • la semaine dernière 300 / 2000

J'ai rajouté une quarantaine de blogs à mes liens en une quarantaine de billet, plus que quelques centaines à citer depuis mes marques-pages :).

En préparation j'ai des billets d'introduction à certains aspects de la finance (mon boulot) et sur l'informatique et la société (ma formation), jusqu'à maintenant mes billets ont été plutot "réactifs" à l'actualité, à part peut-être pour ma proposition sur la lisibilité de la loi.

Comme d'habitude, les commentaires, critiques et suggestions sont bienvenus.

Chez Jerome a Paris ça dépote

Sur des sujets abordés ici même et des milliers d'autres, Jerome a Paris est une excellente source d'analyse et de données, quelques articles récents :

Il va falloir que je trouve d'autres sujets, pour démonter l'idiotie de debat 2007 c'est plus la peine que je me fatigue :).

dimanche 2 avril 2006

Fiscalité et redistribution

Kash chez Angry Bear écrit un billet intitulé Tax Progressivity and Income Inequality ou il fait une comparaison internationale des effets redistributifs des différents systèmes, je cite une partie qui remets en cause quelques idées reçues :

[...] All developed countries collect more - usually far more - of their tax revenue through consumption taxes than does the US. Yet their tax codes are far more progressive. And surprisingly, other countries do not create that tax code progressivity by simply levying high marginal income tax rates on the rich; in general, their top rate is on par with that of the US. Instead, they generate progressivity in the tax code through generous low-income tax exemptions or credits, and top marginal tax rates that kick in at much lower levels of income than in the US.

I take two major lessons from this data. First, the lack of progressivity in the US tax structure is striking, and in my opinion, disgraceful. For those who think something needs to be done to ameliorate the US's income inequality problem, making the tax code more progressive should clearly be one of the first lines of policy attack. There's a tremendous amount of room for improvement there. [...]

Il se base notament sur un article intitulé Public Policy, Economic Inequality, and Poverty:. The United States in Comparative Perspective (PDF) de Timothy M. Smeeding.

Quelques liens utiles sur Wikipedia :

Kash aborde ici un sujet que je n'ai pas mentionné dans mon premier billet sur Débat 2007 et pour cause : l'effet redistributif du système fiscal français, qui est assez marqué d'après les données de Kash est totalement absent du site débat 2007.

Bref, désinformation et idéologie, heureusement qu'il y a un vrai débat chez nos amis américains, n'est-il pas ?