L'Oncle Sam cherche ses sous, et il les trouve dans notre cher paradis fiscal : l'Irlande, je cite :

The U.S. Internal Revenue Service has hit Symantec Corp. with a $1 billion tax bill for allegedly under-reporting the value of intellectual property that the software vendor transferred to two Irish subsidiaries. [...]

C'est bien sur la fléxibilité du marché du travail en Irlande qui est la seule et unique cause de performances économiques bien meilleures que celles des pauvres gaulois attardés. Mais passons. Notons aussi qu'aucun pays de notre chère Europe n'oserait s'attaquer à de la fraude fiscale de cette ampleur, avec propriété intellectuelle et tout.

Jerome a Paris titre We win, we win! sur le sujet, et un commentateur donne le nom d'un professeur de comptabilité spécialiste du sujet : Prem Sikka. Cet universitaure publie régulièrement des articles qui n'ont visiblement pas l'écho qu'ils méritent :

Des articles qui citent Prem Sikka :

Et bien sur ce cher monsieur a été très directement menacé, cf Prem Sikka blows whistle on accountancy.

Voir aussi le site du Tax Justice Network qui a plein de documents intéressants. Et lire les écrits des juges français qui ont une vision bien pessimiste de l'avenir :

[...] Cela dit, ce n'est pas cela qui va permettre de régler les problèmes créés par la libéralisation financière. N'importe quelle fiduciaire à Genève peut vous créer dans la journée dix sociétés panaméennes clefs en main. Puis, avec ces dix sociétés offshore, vous allez faire tourner votre argent autour de la planète en l'espace de vingt-quatre heures. La justice est complètement désarmée face à ce genre de pratique. Pour chaque compte, il faudra une commission rogatoire internationale, une demande officielle.

[...] Il n'y a pas de volonté politique de contrôler réellement ce qui se passe et d'assurer la transparence judiciaire sur cette planète. L'opacité et la tricherie l'emportent sur la régularité. On envahit l'Afghanistan mais on est incapable de retrouver l'argent d'Al Qaida. Les intérêts économiques l'ont emporté sur l'air de "surtout ne tuez pas la poule aux oeufs d'or".

Mais il est bien sur urgent de fléxibiliser le marché des SMICards et de pleurer sur les déficits publics des états plutot que de chercher leur véritable et indéniable cause : le laxisme coupable envers l'évasion fiscale des grandes entreprises et des criminels.

Ajout 20060419 2155 Brad Setser mentionne aussi l'Irlande dans son billet du jour