Dans la série jardinage, après les salades et les tomates, parlons un peu de l'oseille.

Alice et Bob ont besoin de plus que de salades et tomates pour vivre, ils pourraient essayer de troquer des tomates contre des meubles, des vètements, des livres. 2 livres et une planche contre 3 tomates et une salade, échange vendredi à 17 heures à coté du puit. Bref, peu pratique.

Une solution pour rendre plus pratique les échanges est l'usage d'une monnaie, vous vendez quelque chose, vous travaillez, vous recevez en échange une quantité de monnaie, que vous pouvez dépenser plus tard en achats de services et de biens qui sont tous mesurés dans cette monnaie. C'est pratique, cela rends les comparaisons bien plus simples et le stockage pour plus tard possible.

Durant certaines périodes de l'histoire la monnaie avait physiquement de la valeur (les pièces étaient en métaux rare comme l'or), ou était une représentation papier d'une certaine quantité fixée de métaux rares tenus en réserve, c'était le cas du dollar américain - au moins pour les banques centrales - de 1944 jusqu'au 15 août 1971, durant des accords de Bretton Woods. Il y a plusieurs problèmes lorsque la monnaie a une valeur physique : la répartition géographique initiale (les gisements) n'est pas uniforme ce qui pose des problèmes géopolitiques, la quantité disponible est limitée (par rapport à la population par exemple), la production peut varier brutalement au fil des découvertes, etc...

De nos jours les différentes monnaies sont des monnaies fiduciaires, c'est à dire basées seulement sur la confiance en l'emetteur, en général un état ou ensemble d'états par exemple pour l'Euro.

Pour mesurer la quantité de monnaie on utilise les agrégats monétaires : la partie pièces et billets est appelée le "M0", en ajoutant les comptes courants cela devient le "M1", etc... jusqu'au "M3" que j'ai déjà mentionné sur ce blog. Pour l'euro, les dernières statistiques de mars 2006 montrent que le M0 est a 536 milliards d'euros, et le M3 est a 7227 milliard d'euros, donc seulement 7.4% de la masse monétaire au sens large est sous forme de pièces et billets (le pourcentage est à peu près identique pour le dollar américain).

Suivant la quantité de monnaie disponible par effet de rareté plus ou moins intuitivement on se doute que les prix en monnaie des biens et des services vont fluctuer les autres paramètres restant constants. Une des mesures cet effet est l'inflation, en gros on essaie de prendre un panel assez grand et représentatif de biens et services à qualité constante (ce qui est un exercice pas évident, je reviendrai sur le sujet). En pratique, comme on peut le constater sur les graphes de ce billet chez Ludwig von Mises Institute les taux de croissance de la masse monétaire des différentes monnaies et les inflations mesurée sont plutot liées.

La question est alors : qui décide de la quantité de monnaie disponible, en d'autres termes qui fabrique vraiment la monnaie fiducaire ? Les états ? Les banques centrales ?

Réponse au prochain billet.