Le 16 mai 2006 s'est tenu un café de la statistique à Paris sur le sujet "L'indépendance de la statistique à l'égard du pouvoir politique", je n'ai malheureusement pu assister qu'au début des débats. Avec l'aimable autorisation de l'association, voila la synthèse des débats (PDF) - document converti de Word a PDF via Open Office.

Quelques extraits :

Les statistiques servent à guider l’action publique mais aussi à la juger. Tous les gouvernements sont alors tentés de les utiliser comme outil de propagande et d’infléchir les résultats. La déontologie professionnelle et l’action d’institutions pourtant dans l’appareil d’Etat peuvent-elles construire et maintenir une nécessaire indépendance ? [...]

la diffusion est (ainsi que le point suivant) le lieu des principaux frottements. Dans quelles conditions paraissent des chiffres qui dérangent ou des chiffres qui arrangent ? Tous les statisticiens doivent en avoir à l’esprit des exemples. L’Insee a acquis une tradition d’indépendance pour la publication et il est sur un terrain solide pour la défendre. J’ai dit que la statistique a vocation à tomber dans le domaine public. Il faut défendre absolument ce point de vue : aucune connaissance ne doit rester à l’abri du public. Ce n’est pas un problème de diffusion en soi, mais plutôt de délais et de savoir quel est le moment opportun. Mais ceci n’est pas propre à la statistique et se pose à tout auteur de rapport destiné au pouvoir politique; [...]

Un participant rapporte que, ayant à fournir des éléments statistiques à son préfet, il s’est entendu dire : ce que nous voulons n’est pas la vérité, mais un dossier pour soutenir notre thèse. [...]

On ne peut donc s’empêcher de ressentir une sorte d’autocensure. De plus, l’assistance s’étant trouvée très majoritairement constituée de statisticiens1, les autres témoignaient (aussi, à la sortie) n’avoir pas pu exprimer un point de vue différent ou du moins poser sereinement des questions. [...]

L'avant dernier paragraphe que je cite peut mettre en perspective mon dernier billet. Je regrette de ne pas avoir pu rester pour poser des questions sur la (non)publication de statistiques plus brutes tout en restant anonymisées.

Bonne lecture, commentaires bienvenus.