Le daguerréotype, première expérience open source par André Gunthert, je cite :

[...] Devant l’échec de sa proposition de souscription, Arago suggère la formule d’un rachat par l’Etat, sous la forme d’une récompense nationale: une rente également répartie entre les deux associés (une part supplémentaire étant comptée à Daguerre pour la cession des procédés du diorama).

En faisant entrer le premier procédé photographique dans le domaine public, la formule proposée par Arago s’avère d’une grande intelligence technique, puisqu’elle permet et favorise un processus de perfectionnement qui aurait été ralenti par la protection du brevet. Cette situation particulière confère à l’histoire technologique de la photographie un dynamisme remarquable. Le recours au brevet de la part du pionnier anglais William Henry Fox Talbot pour commercialiser son procédé sur papier, le calotype, à partir de 1841, inaugure un clivage entre Paris et Londres qui mérite d’être questionné au-delà des propriétés respectives des deux technologies. Nous nous trouvons ici devant une situation d’expérimentation économique grandeur nature, dont on n’a pas suffisamment souligné le caractère exceptionnel. Or cette expérience opposant, cent-cinquante ans avant l’apparition des logiciels open source, la commercialisation classique au système du domaine public, permet de trancher sans hésitation en faveur du second. Ce sont les spécialistes anglais qui en dressent le constat dès la fin des années 1840: alors que la pratique photographique a été encouragée en France, elle a été freinée en Angleterre. En 1851, année de la première exposition universelle au Crystal Palace de Londres, qui donne l’occasion de confronter les productions photographiques nationales, les commentateurs britanniques soulignent le «retard» anglais, tant sur le plan du développement technique, du nombre de praticiens, que sur celui des résultats obtenus. [...]

La notion de prix pour financer la recherche est mise en avant par quelques (trop peu nombreux) économistes, voir par exemple Joseph Stiglitz "Scrooge and intellectual property rights" sur le BMJ. Pour ce qui pourrait être un bon exemple, voir Business with Heart: Victoria Hale sur European Tribune.

Bonne année 2007 à toutes et à tous.