Benoit Sibaud nous fait un compte-rendu de la réunion préparatoire de formation pour les présidents de bureau de vote accompagnés de leur vice-président d'Issy-les-Moulineaux, je cite ses remarques :

[...] Sur la formation : trop de personnes simultanément, dans un lieu inadapté, et dans un délai trop court qui n'a pas permis de voir tout ce qui était prévu. D'ailleurs le personnel administratif a lui été formé en 1 journée complète.

Sur la fiabilité technique : 1 ordinateur sur 10 qui ne s'initialise pas au premier coup, (au moins) 1 boîtier de contrôle qui ne fonctionne pas pendant une partie du temps, des P.V. imprimés qui varient suivant les machines (caractères affichés correctement ou non). Si les mêmes proportions sont déclinées sur 58 machines dans 40 bureaux, en conditions réelles avec les électeurs, les assesseurs et les présidents auront besoin de calme (aux bips des machines près), patience et sérénité comme disait le formateur... Et les électeurs aussi.

Sur les aspects logiciels : un logiciel mal traduit (messages qui débordent, phrase alambiquée parlant de « résumé » pour « to resume »), mal régionalisé (problème d'impression des caractères accentués) et donc mal testé... Des comportements qui varient suivant les ordinateurs.

Sur l'ergonomie : la confusion entre les boutons ellipse verte et losange vert, la motion « Insérez BIP » avec une grande flèche quand il ne faut pas insérer le BIP, l'écran tactile pour un vote en braille, etc., me laissent dubitatif sur l'ergonomie globale.

Sur le contrôle : pas de contrôle possible, fonctionnement en boîte noire côté matériel et logiciel, journal non contrôlé par le bureau, P.V. ne mentionnant pas les bulletins supprimés, la fonction de recomptage est totalement illusoire, etc. Pas de contrôle pour le citoyen, pas de contrôle pour le président ou les assesseurs (qui ont malgré tout les P.V. à signer).

Entre les soucis techniques, la complexité des opérations et le temps pris par les différentes opérations, beaucoup de participants m'ont semblé inquiets pour le déroulement des élections. Il est clair que le vote électronique par ESS iVotronic n'est pas plus simple pour les membres du bureau de vote.

Le vote electronique tel qu'il est proposé partout en France est equivalent a envoyer l'urne opaque a une entreprise de comptage qui renvoie les comptes et detruit toute trace, merci au revoir.

Bref, je me demande ce que vont faire les assesseurs honnêtes en face de la boite noire qui gère entièrement l'election dans la plus totale opacité ... Si vous êtes dans ce cas, n'oubliez de mentionner vos doutes dans les PV.

Références :

[...] Ce problème mérite sans doute un plus ample débat qu'un rapide bavardage sur les altérations de mémoire par les rayons cosmiques. Nous attendons des explications de la part des fabricants et importateurs de ces matériels, et nous attendons de la presse scientifique et technique qu'elle représente les divers arguments techniques sur la question.

[...] Que le Conseil ne s’estime pas le mieux placé pour prendre en considération, dans un contentieux, des éléments techniques (voir notre article précédent) qui pourraient avoir des conséquences sur la constitutionnalité d’une pratique évolutive, cela peut se comprendre. Qu’il considère le législateur comme seul compétent pour revenir sur la norme qu’il a posée en 1969 à la suite d’une appréciation de fond et des expertises nécessaires est certainement sage. Mais laisser à penser que, en l’état actuel des caractéristiques de ces machines et des atteintes aux principes essentiels de transparence, de sincérité et de confiance qui conditionnent la légitimité du vote démocratique, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes juridiques possibles pourrait bien être qualifié par certains de tentative de désinformation par usage d’un argument d’autorité.

Enfin, signez la pétition pour le maintien du vote papier du site Ordinateurs-de-vote.org (plus de 37 000 signatures au 20070402).