Les citoyens irlandais viennent de dire non a la réforme constitutionnelle nécessaire à la ratification du Traité de Lisbonne avec une participation de 53.1% (1.6 millions de votants) et au final 53.4% pour le "non", 46.6% pour le "oui".

Une analyse à lire chez Philippe Aigrain :

Flashback / 13 Juin 2008

Le 7 juin 2001, l’Irlande rejetait par référendum le traité de Nice. On trouvera ci-dessous le texte par lequel le groupe de réflexion transnational sur les politiques européennes Débat Public dont j’étais l’un des animateurs à Bruxelles réagit alors à cet événement. Sa relecture aujourd’hui éclaire je crois ce qui suivit.

Pas de réforme institutionnelle sans refondation politique

Le vote négatif au référendum irlandais sur la ratification du traité de Nice est une surprise pour tous ceux qui avaient pensé pouvoir conduire la réforme des institutions européennes, pendant la dernière conférence inter-gouvernementale, sans avoir pour cela à proposer une vision politique. Ce vote fait l’objet d’une exploitation démagogique par l’extrême droite autrichienne ou italienne, qui veut le décrire comme rejet, alors qu’il s’explique essentiellement par l’indifférence d’une majorité de la population irlandaise aux enjeux du scrutin. Mais cette exploitation ne nous dispense pas de nous interroger sur le désert politique qui l’a rendu possible et qui ne s’explique que si l’on revient sur l’histoire de la construction européenne.

Les opinions et les citoyens furent d’abord tenu à l’écart de tout débat sur les finalités de cette construction, puis elles y furent associées a minima, dans des conditions qui ne leur laissaient le choix qu’entre en décréter la fin, ou y adhérer sans en discuter les buts et les termes. Nul ne sait s’il aurait été possible de procéder autrement à l’origine. [...]

La biographie de Philippe Aigrain sur wikipedia.