Je cite Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, dans une interview sur le magazine Challenges :

Vous avez évoqué l'idée d'un site centralisant toutes les statistiques administratives. La France va-t-elle copier le Data.gov mis en place par Obama ?

Le plan «administration numérique» sur lequel nous travaillons ne ressemblera pas au Data.gov. Le concept est en tout cas intéressant, puisqu'il s'agit de dire que l'administration n'est pas forcément la mieux placée pour utiliser ses propres données : elle peut mettre en ligne des informations, puis laisser se développer des applications. Il pourrait, par exemple, devenir possible de savoir, d'un clic sur son iPhone, le taux de criminalité du quartier où l'on veut acheter un logement ou les performances d'une clinique.

A son crédit elle a tout a fait saisi la différence de politique (au moins affichée, sans préjuger de ce qui va arriver en réalité), et ne parle que de la politique qu'elle ne va pas mener :).

  • D'un côté le gouvernement rend disponible les données brutes dont la collecte est payée par le contribuable a la disposition du contribuable, cela ne coute absolument rien au budget grace a l'internet (éventuellement en faisant appel au P2P) et au fait que ses données sont déja en numérique depuis des années. Et on laisse la société civile, particuliers et entreprises faire l'analyse et s'approprier le controle de la gouvernance, comme le mentionne la réponse. Cout budgétaire nul, impact positif maximum pour le contribuable et le débat démocratique.
  • De l'autre côté, on ne donne que des données filtrées, agrégées, partielles, contrôlées et qui miraculeusement vont coller avec l'actualité décidée par le gouvernement, le tout coutant fort cher en série de sites webs gadget et armée méxicaine en plus de la collecte. En gardant un privilège pour la presse de propagande qui reçoit ses données un peu à l'avance pour vérouiller la communication. Et sans intérêt pour le contribuable à moins de raffoller de discussions stériles par construction.

Pourtant quand une adminitration met quelques données en ligne même en France on a le sens des initiatives : un exemple avec les données de Bercy.

Bref, politique efficace et inefficace, que choisir en ces temps de contraintes budgétaires ?

Ajout 20090630 1050 : Quelques usages de data.gov, merci a Narvic pour le lien.

Ajout 20090701 1200 : Les administrations japonaises et USA mettent les données topographiques avec une résolution de 30 mètres et couvrant 99% de la planète en ligne gratuitement, visualisation et téléchargement. Des images impressionnantes. Voila comment servir l'intérêt général. Et pas des intérêts très particuliers comme l'IGN qui privatise les données payées par le contribuable français ... A noter que par défaut aux USA le contenu produit par des fonctionnaires dans le cadre de leur travail est fort logiquement placé dans le domaine public.

Un petit calcul sur les données :

Image Dimensions: 3601 x 3601

Total Number Tiles: 22,600

Tile Volume: ~25MB, 6.4 MB compressed

Scene Coverage: 1º x 1º tiles

Resolution: 1 arcsecond (30-m horizontal posting at equator)

Soit 150 gigaoctets compressés, soit 10 euros TTC de disque dur au prix actuel de 70 euros le disque de 1000 Go.

Ajout 20090706 1420 : Meilcour parle de la transparence et de l'accès aux données, je cite :

2. La révolution de Vivek Kundra est majeure, et de deux ordres. Premièrement, il considère que la donnée sur l’action publique est un bien public, qui doit être mis à sa disposition, de manière brute. Charge à la société de développer des applications pour les rendre lisibles. C’est le projet data.gov. Le gouvernement ne va pas arrêter totalement son spin politique, et ses conférences de presse, bien sûr, mais il offre au citoyen la donnée d’action brute et accessible. Il livre des sources ouvertes. C’est profondément subversif.

Ajout 20090706 1435 : Le détail des dépenses du gouvernement USA. Et un billet de 2002.

Ajout 20090731 2321 : Lire chez Thierry Lhôte "Le buzz et les données".