Le gouvernement a répondu a la question sur l'inflation de M. Philippe Folliot, réponse publiée au JO le 18 aout 2009, je cite et je grasse:

L'indice des prix à la consommation est un indicateur de l'évolution « pure » des prix, c'est-à-dire à qualité constante des produits. Sa constitution fait l'objet de recommandations internationales et de plusieurs règlements européens. En France, il est calculé par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) au moyen de 180 000 prix relevés chaque mois pour un échantillon fixe d'un millier de variétés (familles de produits), complété par des données tarifaires, représentatif de l'ensemble des biens et services consommés par les ménages. À partir de ces relevés, des évolutions de prix sont calculées au niveau des variétés puis à des niveaux de plus en plus agrégés (de 305 postes à l'indice d'ensemble) en tenant compte du poids des différents produits dans la consommation des ménages. Les pondérations utilisées sont mises à jour au début de chaque année et publiées au niveau des 305 postes et de leurs regroupements. Pour éviter tout risque de manipulation, la liste des variétés est quant à elle gardée confidentielle. L'échantillon des variétés est le même tout au long de l'année. Il est mis à jour au début de chaque année pour tenir compte de l'apparition de nouveaux produits et des évolutions ou disparitions d'autres produits. À l'occasion de ce renouvellement, l'évolution de la qualité des produits est neutralisée par une double collecte des prix en décembre de l'année précédente pour l'ancien et le nouvel échantillon, ces deux échantillons n'étant donc pas directement comparés. En cours d'année, chacun des 180 000 relevés consiste à suivre le prix d'un même produit (de même marque, de même conditionnement, etc.) dans le même point de vente tout au long de l'année. En cas de disparition d'un produit en cours d'année, les enquêteurs ont pour consigne première de trouver un produit équivalent : les prix sont alors directement comparés, sans aucun ajustement, exactement comme si l'on suivait le même produit. Environ la moitié des remplacements sont faits « en équivalent ». Lorsque le produit de remplacement ne peut pas être considéré comme équivalent (dans la moitié des cas environ), un ajustement de qualité est alors fait pour ne pas tenir compte dans l'indice de ce qui tient à des changements dans la qualité entre le produit disparu et le produit qui le remplace. Dans la plupart des cas, l'évolution du prix est l'évolution moyenne des prix constatée sur les autres produits suivis pour la même variété. Dans plusieurs cas particuliers, d'autres méthodes dites « explicites » sont appliquées, que l'INSEE s'efforce de développer. Celles-ci font appel à une estimation directe de la valeur de la différence entre les deux produits. C'est le cas des modèles économétriques estimant le prix de chaque produit en fonction de ses caractéristiques, ces modèles sont utilisés pour certains biens durables (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur notamment). D'autres modèles plus simples et n'utilisant qu'une seule variable d'ajustement sont mis en oeuvre pour certaines catégories de livres (en fonction du nombre de pages) ou les bijoux en or (en fonction du poids d'or). Du fait que chaque mois, environ 3 % des relevés élémentaires font l'objet d'un traitement qualité, ces principes généraux donnent lieu, en continu, à une myriade de micro-traitements qualité sur des relevés élémentaires. Ces microtraitements étant en très grande majorité décidés au cas par cas, il apparaît très difficile de les reprendre dans une publication, d'autant plus que celle-ci devrait respecter la confidentialité de la liste des produits figurant dans l'échantillon . L'impact de ces traitements sur le calcul de l'inflation est, du reste, limité. En effet, les évaluations réalisées par l'INSEE suggèrent que ces effets qualité ne comptent que pour 0,3 point par an en moyenne dans l'indice des prix à la consommation. Des résultats plus détaillés et une présentation générale des méthodes de traitement de la qualité dans l'indice des prix à la consommation sont cependant disponibles dans le document de travail de l'INSEE qui peut être consulté ici (PDF).

Donc l'INSEE campe sur sa position : c'est secret car cela doit être secret. Pourquoi le secret ? Parce qu'en France il y a des sociétés secrètes très puissantes capables de modifier significativement les 180 000 relevés mensuellement dans 27 000 points de vente rien que dans l'objectif machiavélique de fausser le calcul de l'inflation ... Je me demande si les employés de l'INSEE portent des chapeaux en aluminium pour se protéger des méchants manipulateurs d'inflation ...

Franchement qui peut croire une baliverne pareille ? Si les prix et ajustements sont publiés trois mois ou un an après ? Même si il faut augmenter la taille de l'échantillon et donc le cout de l'équipe de relevé (170 personnes en 1997) comme au final le contribuable beneficiera des données ou est le problème ?

Le papier cité donne sur une seule année (2003) un effet de 0.31% a la baisse (2.16% vs 2.47%). Mais si j'ai bien compris la méthodologie ne traite qu'une partie des choix subjectifs de l'INSEE car l'effet de remplacement de produit "équivalent" mais il y aura un biais non mesuré : par exemple si un produit a 10 euros disparait et que deux produits a 9 euros et 11 euros apparaissent dans le rayon le choix du produit "equivalent" va directement biaiser l'evolution des prix. Le Manuel des indices hédoniques et des ajustements de qualité dans les indices de prix mentionne ce biais.

Le papier cite L'indice des prix à la consommation surestime-t-il l'inflation ? par François Lequiller qui tresse des lauriers a l'INSEE sur l'inflation, François Lequiller étant le chef du service inflation de l'INSEE on peut en déduire qu'il est content de son travail. Mais comme les données sont secrètes l'exercice est sans grand danger ...

Enfin il est fait référence a l'harmonisation européenne des indices des prix. Mais qu'est-ce qui rends difficile cette harmonisation ? Le secret ... Dans une économie mondialisée et une économie européenne libéralisée ou les une grande partie des produits sont vendus partout pourquoi s'obstiner sur le secret au niveau national ? Par peur du ridicule lors que le public verra les divergences d'évaluation qualité et d'effet de choix de remplacement ?

Sans grande surprise le débat sur l'inflation reste donc stérile par construction et la transparence dans le calcul de l'inflation une chimère.