Pour la troisième année consécutive l'édition 2009 du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel a été attribué à des économistes plutot critiques de certains aspects de la propriété intellectuelle :

Elinor Ostrom Indiana University, Bloomington, IN, USA, "for her analysis of economic governance, especially the commons" and Oliver E. Williamson University of California, Berkeley, CA, USA, "for his analysis of economic governance, especially the boundaries of the firm"

Lire par exemple Ideas, artifacts, and facilities: information as a common-pool resource co-écrit par Ostrom, je cite :

There is an increasing concern about the implications of recent and impending legislation on the future of academic research, open science, traditional knowledge, and the intellectual public domain. The Duke Law School Conference on the Public Domain brought together, for the first time, an interdisciplinary group of leading scholars studying the increasing enclosure1 of the global information commons. In the past five years, law review articles have described an information arms race from various perspectives, with multiple sides battling for larger shares of the global knowledge pool. Information that used to be "free" is now increasingly being privatized, monitored, encrypted, and restricted. The enclosure is caused by the conflicts and contradictions between intellectual property laws and the expanded capacities of new technologies.3 It leads to speculation that the records of scholarly communication, the foundations of an informed, democratic society, may be at risk. [...]

Je suis preneur d'autres liens (les articles de Williamson ne semblent pas être en ligne).

Références :

Ajout 20091012 2155: Lire Une bonne nouvelle pour la théorie des Biens Communs par Hervé Le Crosnier, je cite :

Le prix Nobel d’économie a été décerné ce matin à Elinor Ostrom, qui travaille sur les Communs, cette forme spécifique de propriété et de gouvernance qui place les décisions collectives des « communautés » au centre du jeu socio-économique. Cette question des Biens communs a longtemps été ignorée par la science économique, par la politique et par les mouvements sociaux, mais elle est en passe de redevenir un « outil pour penser » majeur.

Le prix Nobel d’économie a été décerné ce matin à Elinor Ostrom et Oliver Williamson. Leurs travaux, quoique très différents, portent non plus sur la modélisation économique, mais sur le « retour au réel ». Ils prennent en compte des interactions humaines en s’échappant du modèle de la « rationalité économique » qui prévaut dans les constructions mathématiques à la mode au cours de la décennie précédente. Après la reconnaissance du travail de Paul Krugman l’an passé et de Mohamed Yunus l’année précédente, c’est à une ré-orientation globale de la recherche en économie que nous assistons. L’économie n’est plus cette théorie univoque qui servirait de hochet aux politiciens en mal d’instruments de pression sur les peuples (le « There is no alternative » de Margaret Tatcher, repris sous toutes ses formes par nos dirigeants néo-libéraux de tous bords depuis presque trente ans). Les décisions des humains de construire ensemble leur mode de production et de trouver des règles qui ne ressemblent pas à l’imagerie du marché afin d’autogérer leur actions communes pourraient revenir au centre de la réflexion. [...]